De guerre lasse

Atelier d’écriture aujourd’hui sur le blog avec http://bricabook.fr

J’ai délaissé ce rendez-vous depuis bien des semaines, et pourtant il m’était bien agréable non seulement de me prêter à cet exercice ingénieux d’un texte à partir d’une photographie proposée, mais de lire aussi les autres participants, riches de leur plume.

Alors j’essaie de m’y remettre, ne pouvant assurer ma régularité mais en tout cas ma fidélité à cette idée et au groupe.

Cette semaine voici la photographie proposée :

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Et voici mon texte :

De guerre lasse

Manège, stratagème

Manigances, étourdissements

Manipulation, indirection

De guerre lasse, toute cette affaire n’est pas de mienne

Pion formaté, disposé

Je n’ai plus l’esprit libre de savoir pourquoi je suis ici

Au milieu de toute cette lutte, pour qui, pour quoi ?

Le temps m’use et il m’est un repos enfin de penser de moi-même

Garder la force de n’être moi et de ne pas me laisser à nouveau happer

Il m’est torture de rester pure de mes sentiments, de mes ressentis

Une pause sur arrêt afin de retrouver mes esprits

Me sentir à nouveau maître de moi pour décider j’y de dois être ici là

Le corps fatigué mais l’esprit rempli d’espoir.

 

 

Faut du temps au temps

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Voici déjà venu ce joli mois de Mai et je ne peux que constater qu’il y a bien longtemps que je ne suis venue écrire/parler ici avec vous.

Pourtant, ce petit rendez-vous/exercice me plait bien.

Tout d’abord parce que vous me faites la gentillesse d’être fidèles à me lire et à me laisser vos petits mots.

La tenue d’un blog vous laisse ce petit supplément de paroles, d’humeurs.

Si vous vous souvenez bien, je travaille sur l’écriture de mon premier roman, un dure labeur de plaisir, et écrire ici, tels mes petits textes « d’instincts » que je partage sur les réseaux sociaux, me donne à un exercice supplémentaire du phrasé et du verbe, de la régularité aussi. Finalement, c’est comme aller à la salle de gym, il faut être rempli de rigueur pour soi-même pour être joyeux de ses résultats.

Ce début d’année a été très chargé et je vais vous en parler dans le prochain article, et c’est en partie pour cette raison que j’ai dû réorganiser mon temps pour ne pas perdre de vue l’essentiel. J’ai dû faire des choix et mettre certaines choses entre parenthèses et maintenant que les choses prennent leur place peu à peu, je peux revenir vers les choses qui me manquent.

Donc c’est avec plaisir que je vais tout d’abord me prêter à l’exercice de plannifier nos rendez-vous ici, pour y être peut-être peu mais bien, et avoir du contenu à partager avec vous, ça j’en ai, mais je dois contenir ma fougue et vous permettre de ne pas vous y perdre.

Tenir un blog est certe comme un parloir face à soi-même, mais il ne faut pas rester cacher derrière le rideau, il ne faut pas être dupe, on se laisse découvrir peu à peu.

 

Le temps écroulé

Mon texte pour l’atelier d’écriture n°249 chez http://www.bricabook.fr

Un texte particulier, mon époux vient de perdre son emploi, licenciement économique. Après de longs mois où je les ai vu le moral au plus bas, voir leur travail s’effondrer et les locaux se vider, le coup de massue a été donné vendredi soir et chacune nous avons récupéré nos époux délabrés, effondrés. En voyant ce corps vasciller dans cet espace comme un fantôme, je n’ai pu m’empêcher de penser à eux et à vouloir leur rendre hommage .

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© Vincent Héquet

Après treize années à passer là,

Chaque matin le rituel sempiternel.

Prendre mon ordre de mission,

Faire rugir le moteur.

Partir au loin, l’oeil affuté aux nouveaux horizons.

Café fumant dans le thermos, ma lunch box sous le palto,

Ma clope au bec, les doigts gelés.

Treize années à passer là, le papier défraîchi du bureau, la moquette limée par les pas,

Le tabac froid dans les cendriers, les traces de doigts sur les dossiers.

Le hangar rempli de palette, au fil des planches saisissent les courant d’air.

Treize années à passer là, les saluts ça va, les mains serrés, les discordes et les pots de fin d’année.

Une vie qui s’achève après treize années, les visages se sont effacés, les yeux lugubres de ceux qui sont jusqu’au bout restés,

A voir les moteurs endormis dans la cour, le hangar vide qui résonne.

Fini les ordres de missions, le téléphone se fait muet.

Je flotte au centre du vide, tout me passe au travers, cela a-t-il bien été ?

La fin d’une histoire, de tant d’énergies défoulées, mon corps vidé à l’avoir trop fait existé.

Les aux revoirs se langissent, les souvenirs remplissent le vide, comme des fantômes, le corps et l’esprit malmenés à résister, le dernier souffle de volonté flotte au travers des murs, ce grand espace vidé, les parfums laissent au retour au passé, plus rien n’est, mais les âmes à y avoir existé habiteront l’espace de leur mémoire.

 

 

 

 

Douce veillée

Nous voici enfin arrivés à destination et mes yeux s’écarquillent, je ne pouvais rêver mieux.

Nous attendions depuis si longtemps à pouvoir passer un Noël de rêve, féérique comme dans les contes de fée.

Nos valises avaient été bouclées avec à l’intérieur quelques pulls très chauds en grosses mailles torsadées, deux jeans.

La tête bien au chaud sous nos bonnets, les mains comme celles des enfants dans les moufles et le nez emmitouflé dans une grosse écharpe.

Nous avions pris la route en fin d’après-midi, il nous fallait quelques heures pour rejoindre l’endroit. La nuit était vite tombée, les températures si négatives depuis plusieurs jours nous donnaient la prudence à rouler. Un épais brouillard rajoutait l’inquiétude, les kilomètres défilèrent à douce allure.

Enfin donc arrivés à l’adresse indiquée. Il y avait longtemps qu’on n’avait pu se retrouver tous, et l’excitation en faisait oublier le froid.

Nos sourires affichés, les pieds sautillants, la bouche fumante, sur le pas de la porte avec notre valise, on nous ouvrit pour nous laisser happer par la chaleur et le parfum du vin chaud aux épices.

Tous les uns dans les bras des autres à savourer notre plaisir, à nous retrouver dans ce joli chalet, au pieds de la montagne. Le feu crépitait dans la cheminée, la cuisine se laissait conter des ses alléchantes odeurs. Les fauteuils habillés de multiples coussins et de plaids accueillants, les lumières tamisées, les tapis chauds sous les pieds.

Le chien nous fit aussi la fête, le chat pelotonné près du feu.

Une pièce pas si grande mais tellement accueillante, de ses couleurs et de ses styles mélangés, qui n’ont pas été arrangés mais chinés au coup de coeur, ceci y mettait toute l’âme de cette décoration si familiale, on s’y trouvait comme chez nos grands-parents, comme dans une maison déjà fréquentée.

En haut de l’escalier nous attendait notre chambre. Les meubles sentaient bon la cire, l’édredon sur le lit semblait si moelleux. La petite fenêtre donnait aux yeux le spectacle des sapins majestueux, fièrement dressés de leur force à avoir tout su affronter.

Les plafonds étaient bas, donnant une ambiance sécurisante à cette chambre. Dans un coin, le meuble de toilette avec son dessus de marbre nous permettait de nous rafraîchir un peu de ce long trajet.

Afin de les retrouver tous enfin, autours de la table, pour ce premier repas partagé, à nous raconter toute notre histoire passée depuis la dernière fois, à voir courir autour de nous les enfants marquant le temps, les cris de joies, les verres sonnaient les uns aux autres pour se souhaiter de savourer ce moment présent comme le plus beau des cadeaux, et se promettre d’y revenir sans tarder à voir les enfants trop grandir.

Ceci est mon texte pour l’atelier d’écriture n° 248 que nous propose chaque semaine notre amie Leiloona du blog http://www.bricabook.fr

Toujours sur la même idée, elle nous propose un cliché et nous faisons parler notre plume. Et voici la photo de la semaine

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© Alexandra K

C’est un plaisir de se retrouver tous chaque semaine pour partager nos textes et je vous invite à découvrir celui de Leiloona biensûr et des autres participants.

Un renouveau qui se ressemble

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Chacun a retrouvé son rythme.

En ces lendemains de vacances, reprendre les pas accélérés, les gestes programmés, les pensées pressées.

Le long des trajets à chacun dédiés, les rues encore qui scintillent nous rappellent ce temps de fête tout juste derrière nous. Vestiges d’une atmosphère chaleureuse, rappel des bons souvenirs à vouloir voir durer encore.

Tant de choses remémorées, à se raconter, partager sa joie de coeurs tout chavirés.

Emmitouflée dans cette écharpe, le bonnet bien calé et les mains gantées, la peau caressée de mon parfum préféré, mes joues rougies par le froid cristallin. Me dire tout ce qu’on a rit, heureux de s’être trouvés en famille tout juste agrandie de ce petit être innocent, insouciant.

Reprendre son quotidien comme un peu encore ailleurs, pas tout à fait revenus, la mémoire dans la brume, le temps dehors glacial habille de flou nos chemins, comme nos yeux voulant regarder encore un peu en arrière.

Se souhaiter un autre avenir et pourtant tout est là dans la continuité, dans tout cet inachevé, dans tout ce qu’il y a à corriger. Ne rien regretter du tout rassurant, reprendre là où on en était pour mieux persister.

Reprendre nos partages de vie en fin de journée, se retrouver à la nuit doucement tombée, les traits un peu tirés.

Qu’il est bon ce temps obligé de lève tôt et de tout à faire, qui nous rode dans cette danse au temps réglé.

Il est bon le temps du repos, du rythme slow, des minutes remplies au ralenti, mais ce quotidien aux directions ordonnées réconforte de l’utilité à la vie, de l’accomplissement.

Reste à rêver tout de même aux prochaines vacances où l’on pourra à nouveau ensemble prendre le ralentissement, le parfum de la flânerie qui fige dans le présent.

 

Avancer dans le flou

Je renoue avec le blog https://www.bricabook.fr/ et l’atelier d’écriture.

Toujours sur l’idée que notre charmante hôtesse nous propose un joli cliché pour nous tirer les vers du nez, ou devrais-je dire, les mots de la plume.

Voici donc la photographie de ce 246ème atelier de l’année 2016, et oui le dernier de cette année que nous venons de balayer.

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© Anselme

Et voici mes mots :

Avancer dans le flou

Lorsque le matin tu ouvres les volets

Tu regardes à la fenêtre le paysage tout blanc

L’horizon dans la brûme

Les oiseaux gazouillent à peine

Tes chats s’ébouriffent le poil à peine sortie de leur sommeil

Fumant de leurs moustaches la fumée de leur chaleur corporelle

Tu sors leur servir le couvert

Emmitoufler dans ta robe de chambre

Tes pas bruilland pourtant léger dans l’herbe qui craquelle

Tu voudrais immortaliser ce cliché

De la nature incertaine

De la journée qui ne peut se deviner

Le jour va-t-il vraiment se réveiller ?

Au loin l’insaisissable

Le temps pas à pas va se dérouler

Tu ne peux prédire si le brouillard se lèvera

Tu te plait un peu même à demi caché

Tu savoures l’instant dans cette superbe beauté

Elle est telle à présent à ce moment quoi tu dois le vivre

Et ne pas vouloir aller plus vite

Le soleil n’est jamais loin pour illuminer ta vie.

 

 

Oubliée

Voici l’heure de l’atelier d’écriture sur http://www.bricabook.fr et je vous insite à aller sur le site rendre visite aux autres participants, leurs textes sont un ravissement 🙂

Comme chaque semaine, une photo proposée et à nous de faire couler l’encre de notre imagination

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© Romaric Cazaux

Oubliée

Oubliée au milieu des pavés

Propres et rasés de tout désordre

Les passants reprennent possession de la place

Soulagés et indifférents

Là où quelques heures avant

Les corps s’entassent au fouillis des bagages myséreux

Les âmes perdues qui dérangent

Demandant l’asile tout simplement

Riche seulement de leur famille sous le bras

Un manteau, une photo dans la poche

Le regard triste à devoir demander

Ces individus qui ont tout perdu

Font salissure et désordre au milieu de nos conforts

On déplace on fait table rase

Sans vigilance l’enfant n’a pas été prise dans la masse

Son regard figé vers leur départ

Autour l’ignorance arrange

Sa petite peau un peu sale souille nos habitudes confortables.