Mission Volée de Piafs (2)

Contre vents et marées, ou plutôt devrais-je dire, contre pluie et tempête (nous sommes passés en deux jours de l’été à l’hiver avec des vents à 140, des campings évacués, des pluies équivalentes à celles du mois entier et des températures en chuttes à 13°C), je disais donc que j’ai bravé le mauvais temps pour rejoindre l’équipe au refuge la Volée de Piafs, qui vient en aide à la faune sauvage en détresse à Languidic.
J’ai été assez maline la veille pour investir dans une nouvelle paire de bottes, et j’ai bien fait 🙂
Je te raconte donc ma deuxième journée de bénévolat au refuge en te rappelant que les images ici viennent du web, pour le respect et la tranquilité de nos convalescents, je ne prend aucune photo au refuge.
Arrivée sous une pluie légère, j’ai attaqué par l’enclos sécurisé, celui où vivent ensemble un couple de canard et leurs petits et des tortues terrestres et aquatiques.
Changer l’eau des « piscines » et leur servir de la nourriture fraîche ne m’a pris qu’une petite heure mais suffisamment pour être trempée et les bouclettes toutes rebondies 🙂
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La pluie se faisant plus violente, il a fallu tous ensembles se dépêcher à rentrer à l’abri les jeunes goélands placés en parc extérieur, trop faibles, malades ou blessés pour affronter un changement de temps si subit.
Une opération délicate, qui demande assurance, il faut stressé au minimum les oiseaux et prendre garde à leur blessure.
A l’aide d’une serviette éponge, nous la lui plaçons délicatement sur la tête, de cette façon, il ne voit plus ce qui se passe et se calme plutôt que chercher à s’échapper ; on l’enroule ensuite délicatement dedans et on le porte, serré contre notre ventre, pas plus haut au cas où il sortirait la tête et qu’il puisse nous blesser le visage de son grand bec, au chaud entre nos bras, on va vite le placer, ainsi que les autres jeunes, dans un parc à l’abri.
Cette situation donne du travail supplémentaire, puisque se trouvant en parc, il faut veiller à l’hygiène du lieu, et pas mal de travaux de nettoyages se sont ajoutés à notre liste de choses à faire.
Laver les parcs, laver le linge, laver la vaisselle des animaux…il y a toujours du nettoyage à faire au refuge et cela va de soit, nous sommes là pour prendre soin d’eux et leur offrir le meilleur des habitats pour le temps de leur convalescence, et l’hygiène est importante pour éviter les maladies et les parasytes.
Un déluge et un vent du diable ont eu raison de moi quelques instants, le temps de me réchauffer près du vieux poêle pour casser des noisettes pour nos amis les écureuils, ici aussi en soin.
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Toutes les heures je dois nourir le jeune goéland qui ne peut se nourir seul, atteind d’une maladie qui lui paralyse les pattes, on ne sait pas encore s’il pourra se remettre un jour debout ni même voler, mais on l’espère et on fait tout pour.
Près de lui, un grand cormoran blessé et une très jeune grèbe.
Je ne suis pas encore habituée à voir ces oiseaux affaiblis alors que d’habitude je les voit si fier dans les airs.
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Grèbe argenté. Famille des Podicipédidés. Ordre : Podicipédiformes
Grèbe argenté. Famille des Podicipédidés. Ordre : Podicipédiformes

J’ai assisté pour la première fois à un soin à l’infirmerie, un goéland blessé très moche à l’intersection de l’aide par un filet de pêche, là aussi il faut manipuler l’oiseau avec assurance, fermeté et douceur, des soins qui se terminent par l’application d’un miel bio pour ses propriétés antiseptiques et réhydratantes, un joli bandage et hop au repos, à surveiller de près et à changer tous les deux jours.
Les blessures peuvent être soignées prises à temps, mais ces animaux restent des animaux sauvages, les parasytes vont malheureusement parfois plus vite que nous et cela leur est fatale, comme pour notre pauvre goéland marin, je l’ai vu en « pleine » forme mardi dernier et hier, il ne montrait pas de bons signes de dynamisme, sa température à baisser, nous l’avons placer sous lampe et en même pas une heure, nous l’avons perdu 😦
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Je me sent utile au refuge, l’équipe est exceptionnelle, les membres de Sea Shepherd nous prêtent toujours mains fortes ; le travail est diversifié tout au long de la journée, il y a toujours à faire, il y a beaucoup à apprendre.
J’ai toujours eu un grand respect pour la faune et la flore, la nature a une place importante dans ma vie, je ne serais pas épanouie sans elle, mais voir ses animaux en faiblesse me fait les voir avec encore plus de respect.

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